XIXe congrès des élus de Guadeloupe : un matin révélateur des divergences entre département et région

Le XIXe congrès des élus de Guadeloupe s’est tenu le 17 juin au Palais du Conseil départemental à Basse-Terre, marquant un moment politique essentiel pour l’archipel. Cette édition a mis en lumière des tensions profondes entre acteurs départementaux et régionaux, illustrant les difficultés d’une gouvernance partagée sur un territoire marqué par des enjeux multiples. Malgré un démarrage retardé et une forte absence de certains groupes, dont le collectif Pays Guadeloupe, les débats ont lancé la réflexion sur l’avenir institutionnel, autour de visions profondément divergentes. D’un côté, une volonté assumée d’évolution rapide vers une collectivité unique, de l’autre, un appel à la prudence et à la concertation plus large, notamment avec les acteurs économiques et la société civile. Ce contexte révèle les fractures politiques persistantes entre le Conseil départemental et le Conseil régional, mais aussi la complexité d’un développement harmonisé dans un territoire tout en nuances.

La matinée d’ouverture fut aussi marquée par l’intervention spontanée d’acteurs syndicaux, faisant écho aux problématiques sociales notamment dans le secteur agricole, alliant ainsi débats institutionnels et réalités concrètes du quotidien. A travers ces premiers échanges, le congrès n’a pas seulement posé la question du statut politique, mais a aussi mis en exergue les contradictions et obstacles d’une Guadeloupe aspirant à se projeter vers plus d’autonomie et de cohésion territoriale.

Dans ce contexte vibrant, où chaque élu revendique une démarche propre, la tenue de ce XIXe congrès est aussi une démonstration de la complexité démocratique guadeloupéenne, nourrie par des attentes fortes et des points de vue souvent opposés sur la meilleure trajectoire à suivre. Outre les enjeux politiques, économiques et sociaux, la question de la mutualisation des compétences fait l’objet d’un débat de fond, illustré par des exemples concrets, comme celui du financement des infrastructures municipales. Cette journée révélatrice promet des échanges animés tout au long de 2025, à suivre notamment via les dispositifs de couverture media dédiés, offrant aux citoyens une fenêtre sur les dynamiques et défis de leur territoire.

Les attentes et tensions au cœur du XIXe congrès des élus de Guadeloupe

Le XIXe congrès des élus guadeloupéens est un point d’orgue de la vie politique territoriale, réunissant les représentants départementaux, régionaux, parlementaires et maires de l’archipel. L’édition 2025, organisée au Palais du Conseil départemental, a révélé des postures contrastées et une ambiance électrique dès l’ouverture. Un retard d’une heure et un défaut de quorum lié à l’absence du groupe Pays Guadeloupe ont mis en lumière un malaise. Ce dernier, au côté de la formation Guadeloupe Plurielle Solidaire, a choisi de ne pas prendre part à cette session, dénonçant une « marche forcée » vers une collectivité unique autonome, sans dialogue réel avec les acteurs économiques ni réflexion partagée.

Cette décision de boycott s’inscrit dans un contexte où la question de l’évolution institutionnelle de la Guadeloupe est plus que jamais au centre des débats. Les opposants à cette démarche parlent d’un projet « brutal » et « irréaliste », craignant que la précipitation entraîne des conséquences négatives pour le développement durable et la cohésion sociale. En parallèle, certains élus, comme André Atallah, maire de Basse-Terre, ont pris position pour une avancée pragmatique soulignant la nécessité de réduire les doublons entre les différents niveaux de collectivités, à travers une mutualisation des services et commissions.

Mutualisation des collectivités : un enjeu majeur pour les élus locaux

Dans un territoire où cohabitent département, région, et plusieurs communautés d’agglomération, les élus s’accordent sur l’idée qu’une simplification administrative serait bénéfique. Le maire de Basse-Terre défend un modèle d’évolution progressive :

  • Suppression des redondances dans les structures administratives ;
  • Harmonisation des financements et des compétences ;
  • Meilleure coordination des projets d’infrastructures ;
  • Temps nécessaire au dialogue préalable avant toute réforme importante.

Il illustre son propos avec la rénovation du stade Félix Eboué, où la multiplicité des interlocuteurs (département, région, ministère) complique la gestion et le financement rapide du projet. La mutualisation permettrait donc d’alléger les lourdeurs bureaucratiques tout en conservant la spécificité de chaque entité territoriale.

Points ClésArguments pour la mutualisationRisques potentiels
Réduction des doublonsGain d’efficacité et de tempsPerte d’autonomie locale
Meilleur pilotage des projetsCoordination accrue et financements consolidésComplexité accrue dans la négociation intercollectivités
Économie budgétaireDiminution des frais de fonctionnementOppositions politiques et sociales

Les débats soulignent que cette approche pragmatique nécessite avant tout du temps et une concertation approfondie, afin de construire un consensus sur le pilotage institutionnel futur.

https://www.youtube.com/watch?v=-v2B9kR8OEo

Les visions divergentes des présidents du département et de la région

Le cœur de cette matinée fut marqué par les interventions des deux figures majeures du paysage politique guadeloupéen : Guy Losbar, président du Conseil départemental, et Ary Chalus, président de la Région. Chacun a exprimé une stratégie distincte quant à l’avenir institutionnel :

  • Guy Losbar a plaidé pour un changement audacieux avec un nouveau statut pour la Guadeloupe, lui octroyant de nouvelles responsabilités accrues sans rompre totalement avec la République. Son discours a insisté sur la nécessité d’une évolution rapide pour permettre un développement territorial plus autonome et dynamique.
  • Ary Chalus, plus prudent, a appelé à la poursuite d’un dialogue élargi avec la population, soulignant le risque d’un changement « brutal » s’il était imposé rapidement. Il propose une réforme progressive, à travers une concertation continue, intégrée à un projet de loi organique en cours d’écriture depuis deux ans.

Cette opposition dans les approches traduit des visions politiques contrastées mais aussi une réelle fracture dans la manière d’appréhender le futur de la Guadeloupe. Après son discours, Ary Chalus a quitté les débats, déplorant l’absence de plus de 40 élus et évoquant la gravité du sujet pour justifier une participation pleine des intéressés.

ThèmesPosition de Guy Losbar (Département)Position d’Ary Chalus (Région)
Vitesse du changementRapide, nécessaire pour avancerProgressive, pour éviter les ruptures
Nouveau statutPour plus d’autonomie avec maintien des liens à la RépubliqueRévision mesurée intégrée à un projet de loi organique
ConcertationJusqu’à un certain point, priorité à l’actionEssentielle, avec population et acteurs économiques

Ces divergences au sommet sont emblématiques des débats plus larges qui traversent l’archipel, où la politique locale s’entremêle avec des enjeux économiques et sociaux.

Impact politique et économique des divergences entre département et région en Guadeloupe

Au-delà des postures politiques, ces débats ont des répercussions directes sur le développement économique et social de la Guadeloupe. La fragilité d’une coopération entre département et région ralentit des actions concrètes et freine la capacité à répondre efficacement aux besoins du territoire.

Les acteurs économiques s’inquiètent notamment de l’absence de concertation sérieuse avant les grandes décisions, ce qui a été dénoncé par plusieurs groupes de la gauche et du monde économique dans un communiqué critique publié quelques jours avant le congrès. Ces voix plaident pour une approche plus inclusive capable d’intégrer les priorités des entreprises, de l’agriculture, et des secteurs en mutation, afin de soutenir un développement durable et équitable. Ce positionnement souligne l’importance d’un large dialogue autour de la transformation institutionnelle envisagée.

Les syndicats, représentés notamment par la CGTG avec l’intervention de Jean-Marie Nomertin lors du congrès, rappellent en parallèle les tensions sociales qui fragilisent le territoire, telles que la situation critique des travailleurs de la banane, un secteur vital pour l’économie locale. Leur présence rappelle que la dimension sociale ne peut être dissociée des débats politiques et institutionnels.

Conséquences pour le développement territorial guadeloupéen

  • Ralentissement des projets d’infrastructure importants attribués aux collectivités ;
  • Difficultés accrues dans la gestion des crises ou des urgences, amplifiées par la fragmentation des pouvoirs ;
  • Manque d’un cadre clair pour appuyer les initiatives économiques ou écologiques ;
  • Fragilisation du lien entre élus et citoyens, susceptible d’engendrer méfiance ou désengagement.

Domaines impactésConséquences directesExemples locaux
InfrastructureMultiplicité d’interlocuteurs freinant la prise de décisionRénovation du stade Félix Eboué
ÉconomieManque de concertation pénalisant la croissanceSituation du secteur bananier
SocialConflits syndicaux récurrentsIntervention CGTG au congrès

La Guadeloupe se retrouve ainsi à un carrefour où la politique territoriale et le développement socio-économique sont étroitement liés. Trouver un équilibre entre autonomie renforcée et solidarité institutionnelle apparaît plus que jamais indispensable.

https://www.youtube.com/watch?v=_l7rm_ZaieU

Les grands défis institutionnels au centre des débats du congrès guadeloupéen

Au premier plan des discussions, l’évolution de la gouvernance territoriale soulève plusieurs défis structurels majeurs :

  • La définition claire des compétences entre département et région, pour éviter les chevauchements et clarifier les responsabilités ;
  • La gestion des ressources financières dans un contexte économique contraint obligeant à une utilisation rationnelle et concertée des fonds publics ;
  • La participation citoyenne, jugée essentielle pour légitimer toute évolution institutionnelle, mais actuellement limitée par des débats trop cloisonnés ;
  • La prise en compte des particularités locales et historiques afin d’adapter les réponses aux réalités variées des territoires insulaires et continentaux de la Guadeloupe.

Ces questions alimentent un débat enrichi par des positions politiques très tranchées et parfois opposées. Pourtant, l’avenir de la Guadeloupe dépendra largement de la capacité des élus et partenaires locaux à dépasser ces divergences.

Défis institutionnelsEnjeux concretsPerspectives envisagées
Clarification des compétencesRépartition claire évitant les conflits d’attributionEngagement fédéré entre département et région
Gestion budgétaireOptimisation des ressources limitéesStratégies concertées et suivi transparent
Participation citoyenneReconquête de la confiance et implicationConsultations publiques et territoires pilotes
Reconnaissance localeAdaptation aux spécificités insulairesPolitiques territorialisées et différenciées

Le défi sera de transformer ces points sensibles en opportunités, pour bâtir une gouvernance robuste, démocratique et respectueuse des identités locales.

Les perspectives d’évolution et les prochaines étapes institutionnelles en Guadeloupe

Alors que le débat s’intensifie, les échéances à venir sont l’occasion de clarifier les ambitions et modalités d’une réforme tournée vers l’avenir. Le projet de loi organique engagé depuis deux ans reste au centre des discussions, avec une volonté affichée par certaines autorités, comme Guy Losbar, de marquer une avancée significative en 2025-2026.

Les étapes nécessaires, selon plusieurs élus, impliquent :

  • Une phase approfondie de concertation avec l’ensemble des parties prenantes, incluant la population, les acteurs économiques et sociaux ;
  • Des expérimentations territoriales pour tester de nouvelles formes de gouvernance ;
  • Une harmonisation progressive des responsabilités entre conseil départemental, conseil régional et les autres collectivités;
  • Un cadre législatif stable et adapté, garantissant la cohérence et la continuité des actions publiques.

La prudence prônée par la Région, à travers Ary Chalus, se manifeste par la nécessité de “laisser le temps au temps” et d’éviter toute réforme précipitée susceptible de déstabiliser la vie locale. L’objectif est d’amener la Guadeloupe vers une autonomie renforcée sans pour autant compromettre la cohésion sociale et l’équilibre économique.

Étapes du processusObjectifsActeurs impliqués
Concertation approfondieAssurer une large acceptation sociale et politiqueÉlus, population, acteurs économiques et syndicaux
Expérimentations territorialesMesurer les impacts et adapter les modèlesCollectivités locales pilotes
Harmonisation des compétencesSimplifier l’organisation institutionnelleConseil départemental et régional
Adoption législativeGarantir le cadre juridiqueParlementaires, gouvernement national

Dans un contexte où la Guadeloupe fait face à de nombreux défis, y compris des tensions sociales et économiques, illustrés notamment par des grèves et des difficultés dans le secteur électrique (voir détails), ce processus institutionnel devra rester attentif aux réalités du terrain.

https://www.youtube.com/watch?v=KE11AVpjFUE

FAQ – Questions fréquentes sur le XIXe congrès des élus de Guadeloupe

  • Quel est l’objectif principal du XIXe congrès des élus de Guadeloupe ?
    Le congrès vise à réunir les différentes institutions locales pour discuter de l’évolution institutionnelle et politique du territoire, en particulier l’éventuelle création d’une collectivité unique.
  • Pourquoi y a-t-il des absences remarquées lors du congrès ?
    Certaines formations politiques, notamment Pays Guadeloupe et Guadeloupe Plurielle Solidaire, ont boycotté l’événement, dénonçant une démarche qu’elles jugent précipitée et insuffisamment concertée.
  • Quelles sont les divergences majeures entre le Département et la Région ?
    Le Département privilégie une évolution rapide vers plus d’autonomie, tandis que la Région préconise une démarche graduelle et largement concertée.
  • Quelles sont les conséquences des tensions entre élus pour le développement local ?
    Ces tensions retardent les projets, compliquent la gestion des infrastructures et affaiblissent la coordination nécessaire pour répondre aux enjeux socio-économiques.
  • Quels sont les prochains pas envisagés pour avancer dans la réforme ?
    Une concertation approfondie, des expérimentations territoriales et une harmonisation progressive des compétences sont prévues avant l’adoption éventuelle d’un cadre législatif.