Guadeloupe : Après 80 jours de mobilisation, un accord met fin au conflit chez EDF-PEI

EN BREF
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Après 80 jours de mobilisation, un accord a été signé le 5 décembre entre EDF Production électrique insulaire (EDF-PEI) et la fédération de l'énergie de la CGT-Guadeloupe (FE-CGTG), mettant ainsi fin à un long conflit. Les grévistes ont obtenu des rattrapages de salaires rétroactifs et une interdiction du dépassement du temps de travail maximal, ainsi que des mesures concernant les départs en retraite. Cependant, la FE-CGTG a indiqué qu'elle poursuivra des actions judiciaires pour d'autres revendications non satisfaites. Suite à cet accord, EDF-PEI s'est engagée à établir un dialogue social serein pour un fonctionnement normal de la centrale qui alimente l'archipel de 380.000 habitants.
La Guadeloupe a connu un épisode intense de mobilisation avec une grève qui a duré 80 jours chez EDF Production Électrique Insulaire (EDF-PEI). Le jeudi 5 décembre, un accord a été signé entre la direction de l'entreprise et la fédération de l'énergie de la CGT-Guadeloupe (FE-CGTG), marquant ainsi la fin de ce conflit. Les grévistes ont obtenu plusieurs avancées significatives, tout en maintenant certaines revendications qui subsistent et qui pourraient conduire à des actions judiciaires. Cet article détaille les tenants et aboutissants de ce conflit, les impacts sur la population et le futur du dialogue social au sein d'EDF-PEI.
Origines du conflit et motivations des grévistes
Le conflit chez EDF-PEI a émergé dans un contexte déjà tendu où la colère des salariés s'exprimait face à des conditions de travail jugées inacceptables. Les grévistes, réunis sous la bannière de la FE-CGTG, ont pointé du doigt le non-respect des textes réglementaires et accords signés, affirmant que 80% des conflits sociaux en Guadeloupe proviennent de cette problématique. Les travailleurs exigeaient notamment uneinterdiction de dépassement du temps de travail maximal, des rattrapages de salaires rétroactifs et des mesures pour les départs à la retraite.
Une grève qui a eu des conséquences majeures
La grève a eu des conséquences directes sur la fourniture électrique de l'archipel, entraînant des coupures durant de longues heures. Les employés d'EDF-PEI ont paralysé la centrale de Jarry, ce qui a été suivi par un black-out total fin octobre. Cet incident a plongé de nombreuses structures et foyers dans l'obscurité, mettant en péril le quotidien de milliers de Guadeloupéens.
Durant ces 40 heures de coupure généralisée, des incidents regrettables ont eu lieu, notamment des pillages à Pointe-à-Pitre. Une situation qui a mis en lumière à quel point la grève avait des répercussions bien au-delà du simple mouvement social, impactant l'économie et la vie des habitants.
L'accord de fin de conflit
Après 80 jours de grève, un protocole de fin de conflit a enfin été signé le 5 décembre. Cet accord a été salué par les deux parties. Du côté de la FE-CGTG, l'organisation syndicale a exprimé sa satisfaction d'avoir pu obtenir certaines revendications satisfaites, comme l'interdiction de dépasser le temps de travail maximal.
Pour EDF-PEI, la direction s'est réjouie de cette "sortie de conflit" et du retour à une reprise normale de la production électrique. Des courriers de remerciements ont été adressés aux employés pour leur patience durant cette période de crise.
Les revendications non satisfaites et l'avenir
Malgré cet accord, la FE-CGTG a annoncé qu'elle engagerait des procédures judiciaires vis-à-vis des revendications qui n'ont pas été prises en compte. Les syndicats restent vigilants et mobilisés pour garantir que les droits des salariés soient respectés à l’avenir. La direction d'EDF-PEI a également souligné la nécessité de créer un dialogue social serein pour éviter que de tels conflits ne se reproduisent. Les prochaines semaines et mois seront donc cruciaux pour la pérennité de la paix sociale au sein de l'entreprise.
L’impact sur la population guadeloupéenne
Au-delà des conséquences sur EDF-PEI, cette mobilisation a eu un fort impact sur la population guadeloupéenne. Les coupures d’électricité à répétition ont pénalisé de nombreuses entreprises, sans parler des conséquences sur le quotidien des riverains privés d'électricité pendant des heures. De nombreux témoignages font état de l’angoisse qui a sévi pendant cette période difficile.
Réactions des acteurs du territoire
Les réactions des différents acteurs du territoire ont été variées. D'un côté, le gouvernement local a soutenu le droit des travailleurs à se mobiliser. De l'autre, de nombreux citoyens ont exprimé leur ras-le-bol face à la situation, souhaitant que des solutions pérennes soient mises en place pour la fourniture d'électricité en Guadeloupe.
Conclusion : vers un renouveau des relations sociales ?
Alors que le conflit se termine, il est important de suivre de près l'évolution des relations sociales au sein d'EDF-PEI. L'expérience vécue par les salariés ces derniers mois servira-t-elle de leçon ? Le dialogue sera-t-il suffisant pour éviter de futurs conflits ? Les prochaines étapes s'annoncent cruciales pour l'avenir de cette entreprise et pour le maintien d'une électricité stable et fiable pour l'archipel.
Pour plus d’informations sur la situation actuelle de l'électricité en Guadeloupe et les récents événements, n'hésitez pas à consulter les liens suivants : Maville, Découvrir la Guadeloupe, RCI, Ouest France.

Témoignages sur la Fin du Conflit chez EDF-PEI
Après 80 jours de mobilisation intense, la nouvelle de l'accord signé entre EDF Production électrique insulaire et la fédération de l'énergie de la CGT-Guadeloupe a apporté un souffle d'espoir à de nombreux salariés. L'un d'eux a déclaré : "Nous avons lutté ensemble pour nos droits et notre dignité, et cet accord représente une victoire pour nous tous."
Une autre salariée a partagé son expérience : "Ces semaines de grève n'ont pas été faciles, mais elles ont prouvé que notre voix compte. L'interdiction de dépassement du temps de travail maximal est un vrai soulagement." Son enthousiasme était palpable alors qu'elle évoquait les rattrapages de salaires à venir.
D'autres, cependant, gardent un goût amer. Un membre de la FE-CGTG a exprimé : "Bien que cet accord soit un pas en avant, nous ne devons pas oublier qu'il reste des revendications sur lesquelles nous devons continuer à nous battre." Ceci rappelle que même si un conflit se termine, d'autres luttes doivent être menées pour un véritable changement.
La direction d'EDF-PEI a aussi réagi à ce dénouement. Un représentant de l'entreprise a affirmé : "Nous sommes soulagés de pouvoir reprendre un dialogue social serein. La sécurité et le respect des employés sont notre priorité." Ce lien renoué pourrait permettre d'éviter de futurs conflits.
Les conséquences de la grève ont laissé des cicatrices dans l'archipel. Un habitant de Pointe-à-Pitre a témoigné : "Nous avons vécu des coupures d'électricité interminables, et ce black-out a eu des répercussions sur notre quotidien. Espérons que les leçons aient été apprises." Ce retour à la normale est attendu avec impatience par tous.